• Hélène Pollet

Carnival Row


La bande annonce ne m’avait pas tentée plus que ça, mais la pré-adolescente hystérique qui est enfouie au fond de moi voulait absolument tester cette série car Orlando Bloom.

Et quelle surprise les amis! Esthétiquement superbe, les effets spéciaux, les costumes et les environnements proposés, pourraient presque faire pâlir l’indétrônable Games of Thrones (calmez-vous, j’ai dit presque). Pourtant on ne partait pas gagnant avec cet univers foisonnant, qui touche aussi bien à la délicatesse et à la magie des fées, mais aussi à des personnages plus sombres et sanglants qui rappellent indéniablement Cthulhu.

On sent comme une cohérence dans tous ces détails, une volonté de créer une mythologie et un univers qui tient debout. Toute cette esthétique n’est donc pas gratuite mais nous donne un aperçu de ce nouveau monde dans lequel nous rentrons. Franchement, on ne va pas se mentir, ça fonctionne vraiment bien.


Concernant les acteurs, Orlando Bloom montre ici une facette plus sombre, pleine de testostérone, loin des personnages absolument pipou mais fades de Legolas et William Turner. Il n’hésite pas à travestir sa voix pour la rendre plus profonde et rauque, qui somme toute parle bien à certaines parties de mon imagination. Cara Delavingne, que je n’avais jamais réussi à apprécier trouve ici sa place, le côté lutin de la race des fées lui allant très bien et son jeu est convainquant (mais pas au niveau de son comparse d’aventure). J’ai adoré retrouver Tamzin Merchant et Indira Varma et encore plus découvrir le magnétique David Gyasi, qui pour un bref instant m’a fait comprendre l’existence de la communauté NSFW fury.


La grosse faiblesse de cette série est pour moi l’écriture. Sans être catastrophique, certaines facilités viennent égrener le récit et bien qu’on apprécie de suivre de nombreux personnages, on ne peut que s’interroger sur le bienfondé de créer un récit choral alors même que certains personnages ne se croisent qu’à peine, leur destinée n’ayant jamais rien en commun au final. Peut-être ce point sera résolu lors de la saison 2, où tout fera sens alors, ce qui me semble douteux vu que les personnages « à part » partent de la ville. On devine aussi très rapidement les tenants et aboutissements de certains personnages, dont le principal, et bien que leur passé reste intéressant et bien travaillé, on peut se demander s’il ne sert pas plus le récit qu’il n’est là pour approfondir le personnage. C’est pourquoi je me permets de parler de faiblesse d’écriture, bien que je ne me leurre pas, je n’y connais rien. Certains événements servent plus à arriver à un point donné pré-établi qu’à vraiment créer un récit cohérent, ce qui explique aussi que parfois les personnages n’ont pas des réactions qui me paraissent logique avec leur caractère. Je tape un peu sur la série, mais ça reste plus que correct et sublimé par l’ambiance et l’esthétique de l’ensemble. Je vous conseille de la regarder car on sent une volonté de faire quelque chose de qualité, ce qu’on ne peut qu’applaudir. Bref on passe un bon moment avec des acteurs très sympa, dans une ambiance vraiment intéressante et un univers bien travaillé, et c’est déjà plus que ce que nous offre la majorité des séries actuelles.

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