• Hélène Pollet

Le sentier des Astres


« Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. »


Un ancien collègue de travail m’avait parlé de son cousin, qui écrivait de la fantasy, et « toi Hélène qui aime bien la fantasy, il faudrait vraiment que tu lises ses romans ». Lorsqu’il m’a donné les titres de ses romans, je me sens rendue compte qu’ils étaient déjà sur ma liste de lecture. J’avais remarqué les couvertures en rayon, les trouvant très jolies et il ne suffisait que de ce petit élan supplémentaire pour me pousser à finalement les lire. Le fait que l’auteur est un compatriote belge ajoute aussi un attrait à cette lecture, car on aime à penser que sa nation comporte des éléments talentueux dont on peut se vanter, à défaut de l’être soi-même. J’ai lu les trois premiers tomes de cette saga, en pensant bêtement qu’il s’agissait d’une trilogie. Grand bien m’en fasse, j’aurais donc droit à un (des ?) tome en plus pour prolonger cette immersion dans l’univers de Stefan Platteau ; mais je n’ai pas pu m’empêcher d'être un peu déçue en arrivant à la fin du troisième tome sans connaître les tenants et aboutissements, persuadée que j’étais de la finalité de ce tome.


J’ai trouvé l’ensemble assez lent et l’écriture, bien que jolie, un peu pompeuse (ce que j’associe à mon propre style aussi par ailleurs). Ca ne me dérange pas outre mesure, bien que mon impatience me pousse à passer des pages lors des descriptions, mais je sais que c’est ce qui est souvent reprochée à la fantasy française. Et pour le coup, ici on n’échappe pas à ces caractéristiques. C’est très bien écrit, le texte est travaillé et ce n’est pas avare de descriptions, ce qui ne plaira peut-être pas aux amateurs de fantasy anglaise, plus directe et dans l’action. Je préfère le dire, parce que si ça ne m’a pas dérangé, je ne conseillerais donc pas ces livres à tout le monde (genre, mon copain).

J’ai beaucoup aimé l’univers dépeint, la mythologie qui se révèle par petite touche ainsi que les personnages que j’ai trouvé justes mais tristes. Les influences hindoues sont plutôt rares en fantasy et l’auteur mélange ici parfaitement cette influence avec d’autres, nordiques je crois, afin d’y créer un monde de magie et de mythes inattendus et originaux. J’ai beaucoup aimé notamment l’histoire de Manesh, cette idée d’enfant soleil tentant de retrouver son géant de père. Finalement, l’histoire de Shakti est si triste, si douloureuse, j’ai trouvé les deux tomes qui lui sont consacrés (le troisième indirectement via le personnage de Meijo) tellement difficile à lire, que j’ai dû me précipiter vers une lecture plus légère ensuite pour ne pas trop déprimer (ok j’ai lu Orgueils & Préjugés, comme d’habitude). Je ne conseille donc pas cette lecture aux gens, qui comme moi, sont particulièrement sensibles à la violence (physique et mentale). Je ressors de ces lectures avec mélancolie car c’est vraiment l’émotion qui transparaît dans le récit, par sa poésie et par les personnages. On sent que l’histoire racontée est un peu hors du temps, hors de l’univers, comme une pause dans la vie de ces personnages qui bien qu’en mission sont plus dans l’introspection que l’action (même si d’action, les trois premiers tomes n’en manquent pas). Je trouve que ça change beaucoup de la fantasy plus classique, c’est vraiment à part et je conseillerai cette lecture à tous les curieux ou gros lecteurs de fantasy. Par ailleurs j’ai vraiment hâte de lire la suite, car j’étais vraiment laissé sur ma faim concernant le récit de la vie de Shakti et l’impasse dans laquelle se trouve notre compagnie de héros.

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